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Diagnostics obligatoires : la checklist avant visite

Lister les diagnostics à réunir et anticiper ceux qui bloquent une signature.

Diagnostics obligatoires : la checklist avant visite

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Mise à jour : 8 octobre 2026. Avant de vendre un logement, il faut préparer un dossier de diagnostic technique (DDT). Mais ce dossier n’est pas une série fixe de huit documents identiques pour chaque bien. Son contenu dépend notamment de la nature du logement, de sa date de construction, de ses installations, de la commune et du type de vente. La bonne méthode consiste donc à identifier les diagnostics applicables, puis à vérifier leur validité et leur remise au futur acquéreur.

Le Service-Public.fr présente les documents possibles du DDT : DPE, plomb, amiante, électricité, gaz, assainissement, termites, état des risques, diagnostic bruit, carnet d’information du logement et, dans certains cas, audit énergétique. Cette liste sert de cadre de vérification, pas de modèle automatique à recopier.

Première étape : identifier le bien et la vente

Commencez par réunir les informations qui déterminent le dossier :

  • maison individuelle, appartement ou immeuble détenu par un propriétaire unique ;
  • date de construction et date du permis de construire ;
  • ancienneté des installations de gaz et d’électricité ;
  • raccordement ou non au réseau collectif d’assainissement ;
  • commune, parcelle et zonages applicables ;
  • travaux récents, extension, rénovation ou modification des équipements ;
  • classe énergétique du DPE et éventuelle obligation d’audit.

Le vendeur doit faire réaliser les diagnostics par des professionnels compétents et, lorsque la réglementation l’exige, certifiés. Le Service-Public.fr rappelle notamment les exigences de certification, d’assurance et d’indépendance du diagnostiqueur DPE. Vérifiez donc le certificat en cours de validité avant de commander la prestation.

Le DPE : à obtenir avant l’annonce

Le DPE informe sur la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Pour une vente, il doit être valable à la date de la promesse ou de l’acte. Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans ; ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025.

Le DPE doit être prêt avant la publication de l’annonce. Celle-ci doit afficher lisiblement les classes énergie et climat, l’estimation des dépenses annuelles d’énergie et, pour les logements classés F ou G, la mention « logement à consommation énergétique excessive ». Ces règles concernent les annonces de vente publiées sur internet comme celles diffusées par un professionnel. Les détails figurent dans la rubrique vente de la fiche officielle du DPE.

À compter du 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans le calcul a changé. Les DPE antérieurs restent valables, mais une attestation de nouvelle étiquette peut être disponible lorsque le classement évolue. Il faut donc vérifier le document et son numéro d’identification plutôt que supposer qu’un ancien DPE reflète encore exactement l’étiquette affichée.

L’audit énergétique : un document distinct du DPE

Dans le cas général en France métropolitaine, l’audit énergétique concerne les maisons individuelles et les immeubles composés de plusieurs logements appartenant à un même propriétaire classés F ou G pour les ventes dont la promesse ou l’acte est signé depuis le 1er avril 2023. L’obligation s’applique aux biens classés E depuis le 1er janvier 2025 et sera étendue aux biens classés D à partir du 1er janvier 2034. Les règles diffèrent dans les départements et régions d’outre-mer.

L’audit ne remplace pas le DPE. Il propose des scénarios de travaux chiffrés, leur performance attendue, leurs coûts et les aides mobilisables. Lorsqu’il est requis, il doit être remis au futur acquéreur dès la première visite, si une visite a lieu, puis intégré au processus de vente. Consultez la fiche officielle sur l’audit énergétique pour vérifier le professionnel habilité et le contenu attendu.

L’état des risques : à préparer pour la première visite

L’état des risques (ERP) concerne les biens situés dans certains secteurs : risques naturels, miniers ou technologiques, sismicité, potentiel radon de niveau 3, recul du trait de côte ou obligations de débroussaillement, selon la situation du bien. Il est établi depuis moins de six mois et doit être actualisé si les informations ne sont plus exactes à la date de la promesse ou de l’acte.

Pour une vente, le vendeur remet l’ERP au potentiel acquéreur lors de la première visite, lorsque celle-ci a lieu. Il doit ensuite être annexé à la promesse ou à l’acte de vente. L’annonce doit aussi renvoyer vers les informations disponibles sur Géorisques lorsque le bien est concerné. La fiche officielle sur l’état des risques précise ces étapes et les conséquences d’une remise tardive.

Amiante : vérifier la date du repérage et sa conclusion

Un état amiante est nécessaire pour un logement dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. En copropriété, les parties privatives et les informations relatives aux parties communes doivent être prises en compte.

Un repérage réalisé avant le 1er avril 2013 doit être renouvelé avant la vente. Pour un diagnostic réalisé depuis cette date, la durée peut être illimitée dans le cadre des règles applicables, notamment lorsque la conclusion est négative et que le bien n’a pas été modifié. Cette mention ne signifie pas qu’une conclusion positive est valable sans suivi : la présence d’amiante peut entraîner une évaluation périodique, une analyse ou des mesures correctives. Des travaux peuvent aussi justifier un nouveau repérage. Il faut donc lire la conclusion et les préconisations du rapport, puis contrôler les évolutions réglementaires avant de réutiliser un document ancien. Voir la fiche officielle sur l’état d’amiante.

Plomb, gaz, électricité et assainissement : des déclencheurs différents

Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) concerne les logements construits avant le 1er janvier 1949. Il ne suffit pas de détecter une présence de plomb pour conclure de la même manière dans tous les cas : le résultat s’apprécie notamment selon le seuil réglementaire et l’état de dégradation des revêtements. Un revêtement contenant du plomb intact ne se traite pas comme une situation dégradée présentant un risque d’exposition.

Les états des installations intérieures de gaz et d’électricité sont requis lorsque l’installation a plus de quinze ans. Leur ancienneté se vérifie sur l’installation concernée, pas seulement sur l’âge général du bâtiment. Un assainissement non collectif peut également nécessiter un document spécifique ; certaines obligations existent aussi pour des installations collectives dans des situations territoriales particulières. Le zonage, les arrêtés et la nature exacte du bien doivent être contrôlés.

Termites, bruit et autres documents : seulement si le cas s’applique

L’état relatif aux termites dépend d’une zone déclarée par arrêté préfectoral comme infestée ou susceptible de l’être à court terme. Le diagnostic bruit concerne les biens situés dans une zone d’exposition au bruit des aéroports. Le carnet d’information du logement peut être à fournir selon la date du permis, de la déclaration préalable ou la réalisation de travaux de rénovation depuis 2023.

La promesse ou l’acte peut aussi devoir mentionner un risque de mérule lorsqu’un arrêté identifie la zone concernée. En copropriété, la surface privative du lot doit être indiquée selon les règles de la loi Carrez. Ces exemples montrent pourquoi aucune liste unique ne peut être présentée comme exhaustive pour toutes les ventes. Reportez-vous à la liste officielle des diagnostics selon le type de logement.

La méthode pratique avant la première visite

  1. Rassembler les actes, plans, permis, factures de travaux et anciens diagnostics.
  2. Identifier l’âge du bâtiment et des installations.
  3. Vérifier la commune et les zonages officiels, notamment pour l’ERP et les termites.
  4. Commander le DPE avant de publier l’annonce.
  5. Déterminer si un audit énergétique est requis et le préparer avant toute première visite concernée.
  6. Établir un ERP de moins de six mois et le remettre dès la première visite lorsqu’il s’applique.
  7. Contrôler la date et la conclusion de l’amiante, sans qualifier automatiquement un rapport ancien d’illimité.
  8. Faire relire les conclusions par le notaire ou le professionnel compétent en cas de doute.

Un diagnostic manquant ou erroné ne signifie pas automatiquement que la vente est annulée. Les conséquences dépendent du document, du moment de la remise, de la nature du manquement et du préjudice éventuel. Selon le cas, le délai de rétractation peut être décalé, la responsabilité du vendeur engagée, ou une demande judiciaire formulée. Il faut donc éviter les affirmations générales et faire examiner la situation par le notaire ou un avocat.

Le bon objectif n’est pas de réunir une pile standardisée de rapports, mais de construire un DDT cohérent avec le bien vendu, la commune, ses équipements et son histoire. Cette vérification permet d’informer correctement l’acheteur dès la visite et de limiter les retards au moment de la promesse.

L’auteur

Yolande Poulain

consultante en évaluation immobilière

Je teste moi-même ce que je recommande. Ma spécialité : estimation, diagnostics et copropriété.

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