Droit et financement

Plus-value immobilière : calculer avant de vendre

Décomposer l'imposition de la plus-value et les cas d'exonération les plus courants.

Plus-value immobilière : calculer avant de vendre

6 min de lecture

4,6sur 5644 votes

  • 6,8Klecteurs
  • 13en ce moment
  • 278partages

La plus-value immobilière correspond à la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition corrigé. Pour les particuliers, la plus-value nette taxable est en principe soumise à 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et à 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, après application des abattements éventuels. Cette présentation, vérifiée au 8 octobre 2026, donne une méthode utile pour préparer une vente, mais ne remplace pas le calcul du notaire ni l’examen de votre situation.

La formule de base

Le calcul commence par le prix indiqué dans l’acte de vente. Certains frais supportés par le vendeur peuvent en être déduits sur justificatifs, notamment la commission d’agence, les frais de diagnostics obligatoires ou les frais de mainlevée d’hypothèque. Le prix d’acquisition est ensuite augmenté de certains frais et travaux autorisés.

Prix de cession corrigé − prix d’acquisition corrigé = plus-value brute.

La plus-value brute est ensuite réduite par l’abattement pour durée de détention. Deux calculs distincts sont effectués : l’un pour l’impôt sur le revenu, l’autre pour les prélèvements sociaux. Les règles générales sont détaillées par l’administration fiscale dans sa fiche sur les plus-values imposées.

Quelle date fait commencer la détention ?

Pour une acquisition à titre onéreux, la durée de détention commence à la date de l’acte d’achat, et non à la date de remise des clés. Il faut donc conserver l’acte authentique et retenir la date exacte qui y figure. Le décompte par années révolues peut modifier les abattements applicables : une vente réalisée quelques jours trop tôt ne bénéficie pas nécessairement du palier espéré.

En cas de succession, la situation est différente. La date à examiner est celle du décès, avec les éléments de la succession et la valeur retenue dans la déclaration ou l’acte correspondant. Pour une donation, la durée de détention commence à la date de l’acte de donation, et la valeur portée dans cet acte sert de référence au calcul. La remise des clés n’est pas le point de départ de la durée de détention.

Quels frais ajouter au prix d’acquisition ?

Les frais d’acquisition peuvent comprendre les frais de notaire, droits d’enregistrement, droits de mutation ou TVA payés lors de l’achat, sous réserve des règles applicables et des justificatifs. Pour une acquisition à titre onéreux, le vendeur peut choisir le forfait de 7,5 % du prix d’achat au titre des frais d’acquisition, même s’il dispose de justificatifs. Cette option ne se cumule pas avec la prise en compte des frais réels.

Ce forfait de 7,5 % ne doit pas être appliqué automatiquement à un bien reçu par succession ou donation. Pour une acquisition à titre gratuit, la base est en principe la valeur vénale portée dans l’acte de donation ou dans la déclaration de succession, augmentée des frais et droits admissibles. Il ne faut pas reprendre le prix payé par l’ancien propriétaire.

Travaux : factures, conditions et forfait de 15 %

Les travaux ne sont pas tous déductibles. Peuvent notamment être retenues, dans les conditions prévues par les textes, les dépenses de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration réalisées par une entreprise. Elles doivent concerner le bien vendu, avoir été payées par le vendeur et ne pas avoir déjà été déduites au titre de l’impôt sur le revenu ou d’un autre dispositif.

Le bricolage réalisé personnellement par le propriétaire ne constitue pas une dépense de travaux déductible : le temps passé et les matériaux utilisés dans ce cadre ne suffisent pas. Les dépenses d’entretien courant, de réparation ou de remplacement à l’identique ne sont généralement pas retenues comme travaux augmentant le prix d’acquisition.

Lorsque l’immeuble bâti est détenu depuis plus de cinq ans, le vendeur peut choisir le forfait travaux de 15 % du prix d’acquisition même s’il dispose de justificatifs de dépenses réelles. Ce forfait est une option et ne se cumule pas avec la déduction des travaux réels. Il faut comparer le montant des dépenses éligibles justifiées avec le forfait applicable. Le BOFiP précise les règles de détermination de la plus-value dans sa page consacrée à la base d’imposition des plus-values immobilières.

Les abattements selon la durée de détention

Durée de détentionImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
De la 6e à la 21e année6 % par année1,65 % par année
22e année révolue4 %1,60 %
De la 23e à la 30e annéeExonération acquise9 % par année
Au-delà de 30 ansExonérationExonération

Il n’y a pas d’abattement pour les cinq premières années révolues. L’exonération totale au titre de l’impôt sur le revenu est acquise après 22 ans de détention ; celle des prélèvements sociaux après 30 ans. Une surtaxe peut aussi s’appliquer dans certains cas lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €. Les frais, taxes annexes et situations particulières peuvent modifier le résultat.

Exemple chiffré : 12 années révolues

Supposons une plus-value brute de 43 400 € après prise en compte du prix de vente, du prix d’acquisition corrigé et des dépenses admissibles. Le bien est détenu depuis 12 années révolues.

  • Abattement pour l’impôt sur le revenu : 42 % ; base restante : 58 %.
  • Abattement pour les prélèvements sociaux : 11,55 % ; base restante : 88,45 %.
  • Impôt sur le revenu : 43 400 × 58 % × 19 % = 4 782,68 €.
  • Prélèvements sociaux : 43 400 × 88,45 % × 17,2 % = 6 602,62 €.
  • Impôt théorique total : 11 385,30 €.

À prix constant et sans frais supplémentaires, attendre trois années révolues de plus pourrait économiser théoriquement environ 1 853,72 € grâce aux abattements. Ce chiffre n’est pas une recommandation d’attendre : le prix du bien, les frais de détention, les travaux, une éventuelle surtaxe et la situation du vendeur peuvent changer fortement le résultat.

Les principales exonérations

La vente de la résidence principale habituelle et effective est en principe totalement exonérée, ainsi que certaines dépendances immédiates vendues avec elle. L’administration précise toutefois les conditions applicables lorsque le logement a été quitté avant la vente. Consultez la fiche officielle sur les plus-values exonérées.

La première cession d’un logement autre que la résidence principale peut également être exonérée sous conditions. Le vendeur ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la cession. Il doit remployer le prix de vente, dans les 24 mois, pour acquérir ou construire un logement destiné à devenir sa résidence principale. L’exonération peut être proportionnelle en cas de remploi partiel. Il ne faut pas ajouter de faux plafond de revenu à ces conditions : le notaire vérifie les critères du dispositif et les justificatifs nécessaires.

Une exonération ne signifie pas toujours qu’aucune déclaration n’est nécessaire. Selon le motif d’exonération, une mention peut rester obligatoire, notamment pour la première cession avec remploi. Le notaire confirme la déclaration à établir et les cases concernées.

Cas particulier du LMNP

Le sujet dépasse le calcul général présenté ici. Pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025, certains amortissements déduits par les loueurs en meublé non professionnels au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value, avec des exceptions. Consultez la fiche officielle sur la location meublée avant toute estimation.

Que préparer avant de demander une estimation ?

Une simulation en ligne ne promet pas une estimation fiscale précise. Elle peut seulement fournir un ordre de grandeur à partir du prix net vendeur, du prix d’acquisition, des frais justifiés ou des forfaits applicables, des dépenses de travaux éligibles, de la durée exacte de détention, des abattements et d’un éventuel cas d’exonération.

Réunissez l’acte d’achat ou l’acte de donation, la déclaration de succession si nécessaire, les factures et preuves de paiement des travaux, les justificatifs de frais et les informations sur la date prévue de vente. Pour une vente d’immeuble, le notaire calcule généralement la plus-value, établit la déclaration et règle l’impôt lors de la signature, lorsque celui-ci est dû. Les pages officielles de l’administration fiscale, des exonérations et du BOFiP restent les références à vérifier avec le professionnel chargé du dossier.

L’auteur

Valère Gérard

juriste en droit immobilier

Je rédige et relis des compromis de vente pour des particuliers comme pour des petits investisseurs. Mon obsession : qu’aucune clause ne se retourne contre mon client.

Voir tous ses articles

Votre avis compte

Cet article vous a-t-il été utile ?

4,6sur 5644 votes

Notez cet article :

Commentaires

Soyez le premier à réagir.